Taxis contre VTC à Roissy : ce que réclame le collectif Team Taxi après la mobilisation du 15 octobre

Le jeudi 15 octobre, des taxis parisiens ont pris la route de Roissy-Charles-de-Gaulle en opération escargot, depuis la porte Maillot. Leur cible : les plateformes de VTC, accusées de semer le « chaos » dans les aéroports. Une semaine plus tard, les revendications restent sur la table, et elles concernent directement la Seine-Saint-Denis, où se trouve une partie de la plateforme aéroportuaire et où vivent de nombreux chauffeurs, taxis comme VTC.

En bref
  • Le collectif Team Taxi a appelé à manifester le 15 octobre 2026, avec un mouvement annoncé comme reconductible jusqu’au samedi 17 octobre.
  • Les organisateurs attendaient environ 2 000 chauffeurs, selon franceinfo avec l’AFP.
  • Ils réclament des « zones blanches » autour des aéroports, des contrôles renforcés des VTC et le retour des « gilets bleus » dans les terminaux.

Ce qui s’est passé le 15 octobre #

Le départ a été donné à l’aube, porte Maillot, dans l’ouest de Paris. Le cortège s’est ensuite dirigé vers l’aéroport Charles-de-Gaulle en roulant au ralenti, une opération escargot destinée à perturber la circulation sur l’axe le plus fréquenté vers Roissy. Le site anglophone The Local précisait le jour même que les blocages pouvaient se prolonger le vendredi et le samedi.

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L’appel venait de Team Taxi, un collectif présidé par Walid Hanida. Les organisateurs estimaient que quelque 2 000 chauffeurs pourraient se joindre au mouvement. Il s’agit d’une estimation des organisateurs avant le départ : aucun bilan officiel du nombre de véhicules n’a été publié dans les articles consultés.

Ce que demandent les taxis #

Les revendications, relayées par France 3 Paris Île-de-France, tiennent en quatre points.

Des « zones blanches » autour des aéroports

C’est la mesure phare. Il s’agirait de zones dans lesquelles les plateformes ne pourraient plus attribuer de courses. Objectif affiché : mettre fin à la maraude illégale, c’est-à-dire aux chauffeurs VTC qui prennent des clients sans réservation préalable, ce que la loi réserve aux taxis.

Des contrôles plus stricts

Le collectif demande des vérifications systématiques des cartes professionnelles des chauffeurs VTC et de la signalétique de leurs véhicules. Ces deux éléments sont obligatoires pour exercer, mais les taxis estiment qu’ils sont trop peu contrôlés aux abords des terminaux.

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Le retour des « gilets bleus »

Les taxis veulent revoir dans les aérogares ces agents chargés d’orienter les voyageurs vers les zones de prise en charge autorisées et de faire cesser le racolage. Pour The Local, leur présence aiderait aussi à éviter que de faux chauffeurs n’arnaquent les touristes à la sortie des vols.

Une nouvelle organisation des terminaux

Enfin, Team Taxi réclame une refonte complète de la répartition des véhicules autour des terminaux, en dénonçant la congestion et l’insécurité devant les portes.

« Ce n’est pas une guerre VTC-taxi » #

Dans les propos rapportés par l’AFP, Walid Hanida vise d’abord l’État, qu’il accuse d’« asphyxier » la profession avec le coût du carburant et les charges. Il s’en prend ensuite aux plateformes numériques, selon lui « en roue libre ». Il insiste en revanche sur un point : « Ce n’est pas une guerre VTC-taxi ». Pour lui, la situation est « orchestrée par les plateformes numériques », et non par les chauffeurs eux-mêmes.

La nuance compte en Seine-Saint-Denis. Beaucoup de chauffeurs VTC du département travaillent eux aussi sur les courses aéroport, et ils font face à la même hausse du carburant. Deux jours après les taxis, l’intersyndicale des VTC appelait d’ailleurs chauffeurs et livreurs à un rassemblement place de la Bastille, comme le rappelle un cabinet d’avocats parisien qui suit le dossier.

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Ce que ça change pour les habitants du 93 #

Pour qui part de Saint-Denis, d’Aulnay-sous-Bois ou de Tremblay-en-France, ces mobilisations se traduisent d’abord par des ralentissements sur les routes vers Roissy. Lors d’un départ en avion pendant un mouvement annoncé, mieux vaut prévoir de la marge, ou passer par le RER B, qui ne dépend pas de la circulation routière.

Pour les chauffeurs, la question est celle des règles à venir. Si des « zones blanches » voyaient le jour, un VTC ne pourrait plus recevoir de courses dans certains périmètres, sauf réservation préalable. À ce stade, aucune annonce officielle ne les a créées : il s’agit d’une revendication, pas d’une règle en vigueur.

Le bon réflexe à l’arrivée

En attendant, la règle ne change pas pour les voyageurs. À la sortie des terminaux, on prend un taxi uniquement à la station officielle, et un VTC uniquement s’il a été réservé à l’avance par application ou par téléphone. Un chauffeur qui aborde les passagers dans le hall, sans réservation, n’est pas dans les règles.

Et maintenant ? #

Les articles consultés ne font état d’aucune réponse publique du gouvernement aux demandes de Team Taxi. Le dossier reste à suivre, d’autant que la directive européenne sur le travail via plateformes doit être transposée avant le 2 décembre 2026. Elle pourrait changer le statut de nombreux chauffeurs VTC, à Roissy comme ailleurs. Nous reviendrons sur les suites, côté taxis comme côté VTC.

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