« Populaire. Toutes nos histoires » est une série de cinq spectacles historiques gratuits et en plein air lancée le lundi 21 septembre 2026 par le Département de la Seine-Saint-Denis : le premier se jouera le samedi 22 mai 2027 sur le parvis de la basilique de Saint-Denis, le deuxième le samedi 12 juin 2027 au stade Bauer de Saint-Ouen, le troisième en juillet 2027 au parc Georges-Valbon de La Courneuve, puis deux autres en 2028. Présenté par la presse comme un « contre-Puy du Fou », le projet est écrit avec les historiens Patrick Boucheron et Guillaume Mazeau, coproduit avec la MC93 de Bobigny, et accompagné pour sa communication par le groupe Combat de Matthieu Pigasse, invité ce mardi matin de France Inter.
⚡ En bref
- Cinq spectacles gratuits en plein air entre 2027 et 2028, annoncés le 21 septembre 2026 à Pulse (Saint-Denis), l’ancien siège du comité d’organisation des JO devenu bâtiment du Département.
- Trois dates déjà connues : 22 mai 2027 (basilique de Saint-Denis), 12 juin 2027 (stade Bauer, Saint-Ouen), juillet 2027 (parc Georges-Valbon, La Courneuve).
- Deux historiens associés dès l’écriture : Patrick Boucheron (Collège de France) et Guillaume Mazeau (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), avec la MC93 de Bobigny en coproduction.
- Financement en partie public ; le coût total n’a pas été communiqué. Le groupe Combat (Radio Nova, Les Inrockuptibles) de Matthieu Pigasse assure la communication.
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Spectacles annoncés, trois en 2027 et deux en 2028
22 mai 2027
Première représentation, parvis de la basilique de Saint-Denis
0 €
Entrée gratuite annoncée pour chaque spectacle
1793
L’épisode raconté par le premier spectacle : l’ouverture des tombeaux royaux
Le calendrier des cinq spectacles #
Le Département a dévoilé le programme lundi 21 septembre au soir, lors d’une présentation animée par la journaliste Nesrine Slaoui. Les trois premières créations ont un titre, un lieu et une date (ou un mois) ; les deux suivantes n’ont pour l’instant qu’un thème et une année.
| Spectacle | Date | Lieu | Auteurs / thème |
|---|---|---|---|
| Basilique, quand le peuple devient roi | Samedi 22 mai 2027 | Parvis de la basilique de Saint-Denis | Damien Gabriac et Guillaume Mazeau, mise en scène Claire Lasne Darcueil — l’ouverture des tombeaux royaux en 1793 |
| Tribune, une histoire populaire du sport | Samedi 12 juin 2027 | Stade Bauer, Saint-Ouen | Mohamed El Khatib — le sport dans le 93, de Jules Rimet à Kylian Mbappé |
| Babel France, chant de lutte et d’exil | Juillet 2027 | Parc Georges-Valbon, La Courneuve | Damien Gabriac, Marine Bachelot Nguyen et l’historienne Marianne Amar — les migrations en Seine-Saint-Denis de 1945 à la fin des années 1980, en chansons |
| Spectacle 4 | 2028 | Non communiqué | Les grands ensembles |
| Spectacle 5 | 2028 | Non communiqué | Les luttes féministes |
Les deux premières dates tombent un samedi. Aucune modalité de réservation n’a été publiée à ce stade : le Département parle de spectacles « gratuits et en plein air », sans préciser s’il faudra retirer un billet. Nous mettrons cette page à jour dès que la billetterie sera annoncée.
Pourquoi la basilique de Saint-Denis, et pourquoi 1793 ? #
La basilique est la nécropole des rois de France : plus de mille ans d’histoire y sont enterrés. Le premier spectacle raconte un épisode précis et documenté : l’ouverture des tombeaux royaux à l’automne 1793, pendant la Terreur. La proposition est faite à la Convention nationale par Barère lors de la séance du 31 juillet 1793, approuvée en août, et les exhumations se poursuivent jusqu’en janvier 1794. Selon le récit présenté lundi, des ouvriers dionysiens se seraient alors brièvement coiffés des reliques royales — c’est ce moment que la pièce met en scène sous le titre « quand le peuple devient roi ». Le post de lancement cite Jules Michelet : « Tuer la royauté dans le passé même et dans ses tombeaux. »
Pour les habitants, le choix du parvis a une conséquence pratique : la représentation se tiendra en extérieur, dans le centre-ville de Saint-Denis, à quelques minutes de la station Basilique de Saint-Denis (ligne 13) et du tramway T1 — un site qui a déjà accueilli des projections et des concerts en plein air.
Stade Bauer et parc Georges-Valbon : deux lieux qui racontent le 93 #
Le deuxième spectacle, écrit et mis en scène par Mohamed El Khatib, se jouera dans le stade Bauer de Saint-Ouen, l’enceinte du Red Star, club fondé en 1897 par Jules Rimet, futur créateur de la Coupe du monde. Le fil conducteur annoncé va « de Jules Rimet à Kylian Mbappé », qui a grandi à Bondy. Le troisième, « Babel France », raconte en chansons les migrations dans le département de 1945 à la fin des années 1980, au parc Georges-Valbon de La Courneuve, le plus grand parc du département, qui a accueilli la Fête de l’Humanité jusqu’en 2021.
Autour des spectacles, le Département annonce un dispositif de deux ans : des « boîtes à histoires » pour recueillir les témoignages des habitants, des ambassadeurs, des affiches et des cartes dans les communes. Le week-end des Journées du patrimoine (19-20 septembre), le projet avait déjà commencé à s’afficher dans plusieurs villes du 93, selon son compte Instagram.
Un « contre-Puy du Fou » ? Ce que disent les uns et les autres #
La comparaison avec le parc vendéen est d’abord celle de la presse : Libération titre sur un « contre-Puy du Fou », Le JDD et Valeurs actuelles sur un « Puy du Fou de gauche ». Le Puy du Fou, lui, revendique un modèle privé, sans subvention, et a atteint 3 millions de visiteurs en 2025, record qu’il annonce dépasser en 2026 (Ouest-France, 2 septembre). « Populaire », à l’inverse, est gratuit et financé en partie par de l’argent public, sans que le coût total ait été dévoilé.
Les porteurs du projet, eux, assument la dimension politique sans reprendre l’étiquette. Stéphane Troussel, président (PS) du conseil départemental, l’a présenté comme une réponse au « rouleau compresseur identitaire qui tente de falsifier les faits pour attiser les peurs », et a rappelé que le budget culture du Département dépasse « 20 millions d’euros par an ».
« Ce n’est pas de la reconstitution, ce n’est pas de la propagande, c’est du théâtre gratuit et politique. »
Patrick Boucheron, qui avait qualifié le Puy du Fou de « désespérant » sur France Inter en avril 2026 (propos rapportés par le JDD), a défendu lundi un théâtre historique qui parle « du même ton des rois et du peuple », en citant Marc Bloch. Guillaume Mazeau a insisté sur le refus d’une histoire édifiante : « On ne remplace pas des fables par d’autres fables. » Hortense Archambault, directrice de la MC93, présente le travail collectif avec les historiens comme « notre meilleure garantie contre toute tentation purement militante ». À droite, Valeurs actuelles y voit au contraire « une entreprise de réécriture politique du passé » et le JDD des spectacles « très orientés idéologiquement ». Le lecteur a donc les deux lectures ; le contenu réel des pièces ne sera connu qu’en mai 2027.
Le rôle de Matthieu Pigasse, invité de France Inter ce mardi #
Le groupe Combat — qui possède notamment Radio Nova et Les Inrockuptibles — accompagne le Département dans le lancement et prend en charge la communication et la promotion de « Populaire » dans ses médias. Le texte de lancement relayé sur le compte du Département l’écrit noir sur blanc : « le groupe Combat accompagne le Département de la Seine-Saint-Denis dans le lancement de “Populaire” », au nom d’une histoire de France « vivante, multiple et populaire, traversée depuis toujours par les migrations ».
Ce mardi 22 septembre, invité de France Inter, il a déclaré : « Je ne renonce pas à la bataille politique. » N’ayant pas pu participer à la primaire social-démocrate, il affirme ne fermer « aucune porte » en vue de la présidentielle de 2027 et vouloir « être utile » pour « un combat contre l’extrême droite » et « l’union de la gauche » (franceinfo, 8h26). Cette prise de parole intervient une semaine après les révélations du Canard enchaîné sur ses vacances estivales sur une île privée des Caraïbes, chiffrées à environ 430 000 euros par plusieurs médias. Le parcours des candidats déclarés ou pressentis est suivi dans notre page présidentielle 2027.
Et concrètement, pour les habitants du 93 ? #
- Trois sorties gratuites à noter dès maintenant : 22 mai 2027 à Saint-Denis, 12 juin 2027 à Saint-Ouen, juillet 2027 à La Courneuve.
- Les témoignages sont collectés pendant deux ans via des « boîtes à histoires » : les habitants qui ont une histoire familiale d’usine, de cité ou d’immigration à raconter peuvent contribuer à la matière des spectacles.
- Le projet est porté par le Département, dans le cadre du programme culturel « Multitude » : les informations pratiques seront publiées sur seinesaintdenis.fr et sur le compte Instagram @populaire.officiel.
- Le coût pour le contribuable n’est pas connu : c’est la principale question restée sans réponse lundi.
Pour comprendre comment la presse locale couvre ce type d’initiative, lire aussi notre article sur la presse de proximité et la façon dont elle raconte nos territoires.
FAQ #
Les spectacles « Populaire » sont-ils payants ?
Non. Le Département de la Seine-Saint-Denis annonce des spectacles gratuits et en plein air. Les modalités d’accès (réservation ou entrée libre) n’ont pas encore été précisées.
Quand a lieu le premier spectacle de « Populaire » ?
Le samedi 22 mai 2027, sur le parvis de la basilique de Saint-Denis, avec « Basilique, quand le peuple devient roi », consacré à l’ouverture des tombeaux royaux en 1793.
Qui finance « Populaire. Toutes nos histoires » ?
Le projet est financé en partie par de l’argent public, via le Département de la Seine-Saint-Denis, et coproduit avec la MC93 de Bobigny. Le groupe Combat de Matthieu Pigasse assure la communication. Le coût total n’a pas été communiqué.
À retenir
- Cinq spectacles historiques gratuits en Seine-Saint-Denis, lancés le 21 septembre 2026 : trois en 2027, deux en 2028.
- Dates connues : 22 mai 2027 (basilique de Saint-Denis), 12 juin 2027 (stade Bauer), juillet 2027 (parc Georges-Valbon).
- Écrits avec Patrick Boucheron et Guillaume Mazeau, coproduits avec la MC93 ; communication confiée au groupe Combat de Matthieu Pigasse.
- Financement en partie public, coût total non communiqué ; la comparaison avec le Puy du Fou vient de la presse, pas du Département.
Sources : Bonjour Pantin (21/09), Le JDD (21/09), Valeurs actuelles (21/09), Libération (21/09), franceinfo (22/09), Instagram @seine_saint_denis, Wikipédia (exhumations de 1793).
Plan de l'article
- Le calendrier des cinq spectacles
- Pourquoi la basilique de Saint-Denis, et pourquoi 1793 ?
- Stade Bauer et parc Georges-Valbon : deux lieux qui racontent le 93
- Un « contre-Puy du Fou » ? Ce que disent les uns et les autres
- Le rôle de Matthieu Pigasse, invité de France Inter ce mardi
- Et concrètement, pour les habitants du 93 ?
- FAQ